Forum social mondial, Belem 2009.

Forum social mondial, Belem 2009. tamboursetcheLe Forum social mondial de retour au Brésil

Belem . Le FSM s’est ouvert hier dans la ville amazonienne, capitale de l’État du Para. Les questions environnementales seront au coeur des discussions.

·  Du 27 janvier au 1er février 2009, il se tiendra la 9ème édition du Forum Social Mondial dans la ville de Belém, capitale de l’État du Para, situé au nord du Brésil.

 

Les dix objectifs qui guideront les actions du FSM 2009 sont les suivantes:


1. Pour la construction d’un monde de paix, de justice, d’éthique et de respect des diverses spiritualités, sans armes, en particulier sans armes nucléaires ;
2. Pour la libération du monde de la domination du capital, des multinationales, de la domination impérialiste, patriarcale, coloniale et néo-coloniale et des systèmes inégaux de commerce, pour l’annulation de la dette des pays appauvris ;
3. Pour assurer l’accès universel et soutenable aux bien communs de l’humanité et de la nature, pour préserver notre planète et ses ressources, en particulier l’eau, les forêts et les sources renouvelables d’énergie ;
4. Pour la démocratisation et décolonisation de la connaissance, de la culture et de la communication, pour la création d’un système partagé de connaissances et de savoirs, avec le démantèlement des Droits de Propriété Intellectuelle ;
5. Pour la dignité, la diversité, la garantie de l’égalité de genre, de race, d’ethnie, de génération, d’orientation sexuelle et pour éliminer toutes les formes de discrimination et de castes (discrimination fondée sur la descendance) ;
6. Pour la garantie (au long de la vie de toutes les personnes) des droits économiques, sociaux, humains, culturels et environnementaux, en particulier le droit aux soins de santé, à l’éducation, au logement, à l’emploi, au travail décent, à la communication et à l’alimentation (avec la garantie de de la sécurité et de la souveraineté alimentaire) ;
7. Pour la construction d’un ordre mondial basé sur la souveraineté, l’autodétermination et les droits des peuples, y compris des minorités et des migrants ;
8. Pour la construction d’une économie démocratisée, émancipatrice, soutenable et solidaire, avec un commerce éthique et juste, centrée sur tous les peuples ;
9. Pour la construction et le développement de structures et d’institutions politiques et économiques – locales, nationales et globales – réellement démocratiques, avec la pleine participation des peuples sur les décisions et le contrôle des affaires et des ressources publiques ;
10. Pour la défense de la nature (l’Amazonie et les autres écosystèmes) comme source de vie pour la Planète Terre et pour les peuples originaires du monde (indigènes, afro-descendants, tribaux, côtiers) qui exigent leurs territoires, langues, cultures, identités, justice environnementale, spiritualité et bien vivre.

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Davos, anti-Davos. Crise, anticrise. Libéral, antilibéral. Le temps est venu de passer à autre chose, de pousser plus loin la réflexion. Une nouvelle édition du Forum social mondial (FSM) s’ouvrait hier à Belem, dans l’État de Para, au Brésil : « L’édition la plus importante depuis la première, en 2001 », selon l’un des fondateurs du FSM, Oded Grajew, dans la Folha de Sao Paolo. En tout état de cause, c’est la première édition centralisée depuis deux ans. En 2008, une semaine d’actions décentralisées partout sur la planète avait tenu lieu de forum ; et, en 2006, il s’était tenu sur trois sites, à Caracas au Venezuela, à Karachi au Pakistan et à Bamako au Mali.

un contexte différent

Comme les autres éditions, ce sommet se tient en parallèle au Forum de Davos, où se réunissent dirigeants politiques et économiques de la planète (lire ci-dessous). Et cette année, le forum aura une saveur toute particulière. « Le contexte est différent des autres forums. Nous sommes nés de la lutte contre la mondialisation, qui aujourd’hui s’écroule, et c’est un élément clé, explique à l’AFP Candido Grzybowski, sociologue à l’Institut brésilien des analyses sociales et économiques. C’est un défi pour le FSM et l’occasion de penser plus profondément à d’autres alternatives. La crise nous donne raison sur le fait que le capitalisme casino est le pire des mondes. »

Cent mille militants sont attendus, provenant de 150 pays. Deux mille ateliers et séminaires seront représentés. Et cette année, participeront cinq des principaux chefs d’État de gauche en Amérique latine : Evo Morales, qui vient de remporter le week-end dernier un soutien populaire à la nouvelle Constitution de la Bolivie, Hugo Chavez pour le Venezuela, Rafael Correa pour l’Équateur, Fernando Lugo pour le Paraguay et Lula Da Silva pour le pays hôte. « Ce n’est pas eux qui nous confèrent leur légitimité. Mais c’est nous qui leur accordons la nôtre », prévient Candido – Grzybowski dans Folha de Sao Paolo.

Ce sont pas moins de 1 500 mouvements sociaux qui seront présents. Une richesse et un handicap. « La crise sera au centre des débats et il ne peut en être d’une autre manière, même s’il sera difficile au forum de proposer une solution unique, vu sa propre diversité », explique à l’agence brésilienne Efe le sociologue. C’est pour cette raison que d’aucuns s’interrogent sur la stratégie du mouvement, une question déjà présente lors des débats du Forum social européen à Malmö, en septembre dernier. Ainsi, lors d’un colloque organisé par ATTAC et Espaces Marx, place du Colonel-Fabien à Paris samedi 17 janvier, Gus Massiah soulignait que « la transformation sociale se fait dans la durée, dans une combinaison de modes de production, et que l’un d’entre eux prenne le dessus sur les autres ». Le socialiste Henri Weber mettait lui l’accent sur la bataille idéologique, estimant que « le néolibéralisme n’était nullement défait », que « c’est le genre de cadavre qu’il faut tuer plusieurs fois ». Face à la diversité composant les forums, Pierre Khalfa de SUD appelait à des « coopérations renforcées » pour définir des stratégies communes, tandis que Bernard Cassen appelait à un « post-altermondialisme », pour prendre en compte l’émergence de gouvernements progressistes en Amérique latine et pour s’ouvrir aux partis politiques.

l’eau, question centrale

Pour les organisateurs des forums, les lieux sont forts en symboles. Les éditions de Bombay (2004) et Nairobi (2007) avaient pour ambition d’intégrer les nombreux mouvements sociaux asiatiques et africains. Cette fois-ci, à Belem, en Amazonie, c’est la volonté de traiter en grand la question écologique qui est mise en avant. Parmi les thèmes du forum, l’eau sera à l’honneur, objet de nombreuses luttes, sociales et écologiques, en Amérique latine.

Gaël De Santis

 

Conclusion du Forum par Christophe Ventura (de Marianne)

http://www.dailymotion.com/video/k37tc3Sul1XLFgWLoT

http://www.dailymotion.com/video/k7qvMdRIGEMyGDWLtE

http://www.dailymotion.com/video/k7EKApGlkE0cZvWLBE

http://www.dailymotion.com/video/x8chv4

Belem, Amazonie, 30 janvier 2009

[extraits]

« Actuellement, nous faisons face à un défi de portée historique. La crise capitaliste internationale qui porte préjudice à l’humanité s’exprime sur différents plans : c’est une crise alimentaire, financière, économique, climatique, énergétique, migratoire,…, de civilisation qui accompagne la crise de l’ordre et des structures politiques internationales. »

Pour faire face à la crise, il est nécessaire d’aller à la racine du problème et d’avancer le plus rapidement possible vers la construction d’une alternative radicale qui en finisse avec le système capitaliste et la domination patriarcale. Il est nécessaire de construire une société basée sur la satisfaction des besoins sociaux et le respect des droits de la nature ainsi que la participation populaire dans un contexte de pleine liberté politique. Il est nécessaire de garantir l’exécution de tous les traités internationaux sur les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels (individuels et collectifs) qui sont indivisibles. »

« Nous sommes face à une occasion historique pour le développement d’initiatives d’émancipation à l’échelle internationale. Seule la lutte sociale des masses peut sortir les peuples de la crise. Pour impulser cette lutte, il est indispensable de développer un travail de conscientisation et de mobilisation à la base. Le défi est d’arriver à organiser la convergence des mobilisations globales à l’échelle de la planète et de renforcer notre capacité d’action en favorisant la convergence de tous les mouvements qui cherchent à résister à toutes les formes d’oppression et d’exploitation. »

 



1 commentaire

  1. tu padré 9 février

    « tandis que Bernard Cassen appelait à un « post-altermondialisme », pour prendre en compte l’émergence de gouvernements progressistes en Amérique latine et pour s’ouvrir aux partis politiques. »
    Voilà très exactement ce que Attac ne veut pas et c’est d’ailleurs ce qui a provoqué le départ de Cassen, membre fondateur, de l’association.
    Croire que la modernité s’est s’ouvrir aux partis politiques est une idée archaïque, Attac doit préserver son indépendance et c’est sa diversité qui en est le garant.

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