Pacha Mama.

 La Bolivie accueille la Conférence mondiale des peuples contre le changement climatique

Par RFIPacha Mama. indigena307500

En Bolivie, se tient depuis lundi 19 avril 2010, et pour quatre jours, la première Conférence mondiale des peuples contre le changement climatique. Plus de 14 000 participants sont attendus, boliviens et étrangers, représentants d’organisations sociales, de défense de l’environnement et de peuples indigènes. Une deuxième chance pour les négociations internationales sur le réchauffement climatique après l’échec de Copenhague.

Au programme de la conférence, des groupes de travail sur des sujets comme le projet de déclaration universelle des droits de la « Terre mère », la dette climatique des pays du Nord envers ceux du Sud, ou encore la création d’un tribunal international de justice climatique. Il s’agit organiser les propositions et requêtes des peuples du Sud, inquiets du blocage des négociations internationales sur le réchauffement global.

« Nous ne sommes pas venus ici pour nous serrer la main ou pour faire connaissance. Nous sommes là pour travailler. Il s’agit de sauver la vie, de sauver le futur de nos enfants. Il s’agit de sauver la planète Terre », a annoncé David Choquehuanca. Pour le ministre bolivien des Affaires étrangères, une énorme responsabilité pèse sur cette conférence de Cochabamba : ne pas revivre un «nouveau Copenhague » lors du prochain sommet sur le réchauffement climatique qui doit se tenir au Mexique à la fin de l’année.

Dans la troisième ville de Bolivie, ils sont donc plusieurs milliers de militants à débarquer des quatre coins de la planète avec un objectif en tête : adresser aux gouvernants un message venu du peuple. « Ici, nous sommes dans une vision plus populaire, déclare Luis Ernesto Espinoza, leader indigène et écologiste bolivien. Une vision des mouvements sociaux, moins officielle, moins gouvernementale, une vision allant du bas vers le haut et non du haut vers le bas. Une vision qui appelle les gouvernants à écouter la voix des majorités, la voix des peuples indigènes, à entendre l’urgence du moment que nous traversons. Nous sommes dans une époque qui demande des changements radicaux, qui demande de modifier certains modes de vie et certaines formes de développement», ajoute-t-il.

Côté gouvernements, seuls les alliés politiques d’Evo Morales ont répondu à l’invitation, comme le président vénézuélien Hugo Chavez, ou celui du Nicaragua Daniel Ortega. La Bolivie était l’un des cinq pays à s’opposer frontalement à l’accord proposé par les Etats-Unis à la conférence de Copenhague sur le changement climatique en décembre dernier.

Bolivie: Evo Morales dénonce la dette du capitalisme

Le président de Bolivie Evo Morales a ouvert mardi un Forum social sur le climat en dénonçant la « dette » historique du capitalisme en matière de réchauffement et en affirmant qu’il revenait aux peuples indigènes de montrer la voie pour « sauver la Terre mère ».

« Ou bien le capitalisme meurt, ou bien c’est la Terre mère », a martelé Morales, l’un des chefs de file de la gauche radicale latino-américaine, devant quelque 20.000 représentants de mouvements sociaux, d’ONG, de syndicats, de peuples indigènes et du monde scientifique.

« Nous sommes ici parce que les pays industrialisés n’ont pas honoré leurs engagements de réduction de gaz à effet de serre » à Copenhague, a-t-il ajouté, en reprenant le message très militant en toile de fond du Forum, qui pourrait réduire sa capacité à servir

cachePubVide(‘pubCarreEdit’); de laboratoire à nouvelles idées climatiques.La « Conférence mondiale des peuples sur le Changement climatique et les Droits de la Terre mère », convoquée à Cochabamba (centre) jusqu’à jeudi, se veut une voix alternative, un effort de la société civile pour influencer les négociations climat en souffrance.

Elle entend saisir un moment politique entre l’accord a minima à Copenhague sur un réchauffement limité à 2 degrés et les faibles espoirs d’un accord contraignant au prochain cycle de négociations en décembre à Cancun (Mexique). Les recommandations de Cochabamba seront transmises aux négociateurs de Cancun.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon a, dans un message transmis mardi, salué la tenue du forum, se disant prêt à « écouter ceux qui sont les plus exposés au changement climatique, ceux qui ont le moins contribué au problème, mais seront les plus affectés ».

« J’espère que les délibérations auront une contribution positive, constructive et viable » aux négociations climat, a déclaré M. Ban, dans son message lu par Alicia Barcena, chef de la Commission économique d’Amérique latine de l’ONU, qui a été chahutée par la foule.

Dans la matinée, l’assemblée cosmopolite et colorée, avec ponchos et drapeaux andins, a savouré les retrouvailles de la famille altermondialiste. Sur fond de musique andine, elle s’est réunie dans un petit stade bordé de montagnes à Tiquipaya, en banlieue de Cochabamba.

Auparavant, les amautas (sages indiens aymaras) avaient fait des offrandes pour demander « la force, l’énergie, et la sagesse de Pachamama » -la Terre Mère dans la vision andine- pour les débats à venir.

« Les gens qui vont changer le monde sont ici », a lancé à la tribune Faith Gemmill, déléguée amérindienne de l’ethnie Gwich’in du conseil intertribal d’Alaska.

M. Morales, lui-même d’origine aymara, a affirmé que le mode de vie de ces peuples indigènes, leur relation harmonieuse avec la nature devait former la base de « la seule véritable alternative au mode de développement » menaçant la planète.

Il a réénuméré mardi ses propositions, formulées en décembre à Copenhague: une déclaration des droits de la Terre Mère, un tribunal climatique international, et un référendum planétaire – auprès de deux milliards de personnes – sur les grands choix en matière de climat.

Quatre chefs d’Etat, tous proches alliés antilibéraux de M. Morales, étaient attendus dans la semaine: Hugo Chavez (Venezuela), Daniel Ortega (Nicaragua), Rafael Correa (Equateur) et Fernando Lugo (Paraguay).

Quelques stars annoncées, comme l’acteur américain Danny Glover ou le réalisateur d’Avatar James Cameron, brillaient par leur absence mardi.

Lire le discours de clôture
 



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